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Alzheimer – Les Madeleines Sonores de Fred Voisin

Alzheimer Fred Voisin

Quelques extraits d'un entretien avec Frédéric Voisin, musicien et informaticien, au sujet de son parcours et particulièrement de son projet en cours : les Madeleines Sonores. Dans un Ehpad en Bourgogne, il conçoit et installe des paysages sonores pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer.

Le parcours de Frédéric Voisin

Frédéric Voisin a étudié la musicologie en Sorbonne, la sémiologie à l’EHESS, la linguistique inuit à l’Institut National des Langues Orientales (INALCO).

Son parcours professionnel commence en 89, lorsqu'il développe pour le CNRS, avec l'ethnomusicologue Simha Arom, les premières expériences d’ethnomusicologie interactive avec analyse/synthèse audionumérique en Centrafrique et en Indonésie.

Assistant musical à l’Ircam de 1995 à 2004, puis réalisateur indépendant, il participe à de nombreuses créations musicales auprès d’associations, de compositeurs, de chorégraphes et de réalisateurs de renommée nationale et internationale.

A la croisée des domaines artistiques, scientifiques et techniques, ses recherches sont présentées et mises en œuvre lors de conférences, d’ateliers, d’installations musicales et de concerts.

Il exerce actuellement une activité indépendante de création et de design, enseigne l’informatique musicale dans différents cadres associatifs, universitaires et de formation professionnelle...

Frédéric Voisin raconte dans le détail son parcours atypique d'artiste expérimentateur entre musique et science dans le podcast qui lui est consacré et que je vous conseille vivement d'écouter.

Alzheimer - Fred Voisin en Centre-Afrique

Vous pouvez écouter ici l'intégralité (38 mn) de cet entretien avec Fred Voisin :

​Extraits de l'entretien - ​Alzheimer et Madeleines Sonores

Bruno de Chénerilles : - Comment ce projet des Madeleines Sonores a-t-il commencé, quelle en est l'origine ?

​Frédéric Voisin : - … Je travaillais avec les Universités de Bourgogne sur un projet de recherche dans lequel on essayait de voir comment la musique peut ralentir l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

Et un médecin, le Dr Jeannin m'a contacté parce qu'il avait eu connaissance de ce projet de recherche et il m'a expliqué de son point de vue comment le son en général, pas seulement le musique, peut aider les patients atteints de la maladie d'Alzheimer, comment il peut participer à ralentir l'évolution de la maladie.

Je trouvais son approche tout à fait pertinente et je pouvais tout à fait l'aider à mettre en œuvre ses idées du point de vue sonore.

On a étudié la question ensemble. Il s'agissait surtout de faire revenir des souvenirs anciens à travers le son. Et nous avons commencé à expérimenter dans l'Ehpad dans lequel il travaille. Et ça marche pas mal en effet. Indépendamment de l'évolution de la maladie, les patients se souviennent très bien en fait de l'origine des sons qui leur rappellent des souvenirs personnels anciens...

BC : - Pourrais-tu décrire très simplement les dispositifs techniques que tu as mis en place dans cet Ehpad ?

FV : - … Je me suis d'abord occupé des espaces communs. Il s'agit d'une unité Alzheimer fermée, sécurisée. Les résidents ne peuvent pas en principe sortir parce qu'ils ne sauraient pas revenir donc c'est pour éviter qu'il se perdent ou qu'il leur arrive un accident. Il faut bien en avoir conscience que c'est un environnement confiné et qu'ils vivent là pendant des mois, même des années.

J'ai commencé à diffuser des sons plutôt sympathiques, qui rappellent des choses qui existent dans la réalité au dehors, c'est-à-dire par exemple un clocher. Comme il y a du double vitrage, on entend pas les sons qui viennent de l'extérieur, surtout l'hiver où les fenêtres sont fermées. Et puis aussi des oiseaux. J'essaie de restituer en fait l'environnement extérieur à l'intérieur et sous forme de balises, de repères sonores dans les différents espaces communs de l'établissement.

Et ensuite il y a la deuxième étape où j'ai commencé à sonoriser les chambres individuelles. C'est assez différent. L'idée c'est de diffuser des sons qui rappellent à chacun de manière individuelle des souvenirs personnels qui sont liés à l'histoire de leur vie, si possible des souvenirs anciens.

Il faut savoir que la maladie d'Alzheimer​ affecte les mémoires plutôt immédiates, les mémoires de travail, les mémoires a quelques heures où a quelques jours ou quelques semaines. Mais ce qu'on appelle la mémoire épisodique, les souvenirs anciens eux restent pour leur plus grande partie.

Donc les patients se souviennent assez bien de leur jeunesse, même de leur enfance. Pour moi il s'agit donc de rechercher des sons de la vie, des activités qui correspondent aux années d'après guerre pour ces générations de malades ...

​Le dispositif sonore ​pour les malades Alzheimer de l'Ehpad

le dispositif de diffusion des Madeleines Sonores à l4Ehpad

Disposition des haut-parleurs dans les espaces communs de l’Unité Alzheimer : 
​- Les points de diffusion des points de repère dans les espaces communs : ​séquences anthropophoniques (activités humaines, géophoniques (sons des éléments) et biophoniques (animales)
​- Les chambres ont chacune deux points de diffusion (cercles ​bleus plus petits)​.


BC : – Quels rapports entretiens-tu avec l'équipe soignante ? Ce sont simplement des retours que tu as où est-ce que l'équipe soignante te suggère aussi des choses directement , des nouvelles choses auxquelles tu n'as pas forcément penser ?

FV : - … La question du feed-back, du retour, c'est très fondamental. Moi je commence à suggérer des choses et après le personnel qui est là sur place pratiquement 24 sur 24 peut effectivement me faire le retour sur la perception des patients. Et donc ça me permet de m'adapter et d'aller plus loin.

Par exemple un son qui pourrait évoquer un sentiment de tristesse chez un patient pourrait être jugé comme étant négatif ou mal venu, mais du point de vue d'un médecin, c'est important. Un souvenir peut être triste, mais l'important c'est qu'il y a une émotion.

Il s'agit bien de faire revenir des émotions, qu'elles soient gaies ou tristes. Dans la limite d'un point de vue strictement médical, l'important c'est ce que le patient a vécu et d'entretenir ce souvenir là....

Alzheimer douche sonore sous un haut-parleur
Alzheimer dans le patio sous les hauts parleurs

Les pensionnaires peuvent très bien choisir des points d'écoute dans les espaces communs, sous les haut-parleurs implantés dans le plafond.


BC : - C'est beaucoup de contraintes pour ta création sonore, mais j'imagine quand même qu'au niveau de la motivation et de la créativité, ça peut être aussi une dynamique très forte, non ?

FV : - … La contrainte, ça c'est une règle de base. Je pense qu'un artiste ne peut pas créer sans contrainte. En fait c'est le cadre pour sa création. Par exemple, un peintre a besoin d'un cadre pour son tableau. Il va choisir un format, ca va devenir une contrainte et il va partir de là... C'est pareil pour la musique.

Et pour moi, la musique c'est particulier : je suis plus sensible à ce domaine-là car mes études des musiques du monde m'ont fait comprendre que les structures musicales que produit une certaine société, sont à l'image de la représentation qu'elle se fait du monde.

​En tout cas ma pratique de la musique, de la création musicale est très expérimentale comme pour beaucoup d'artistes d'ailleurs. Et puis finalement c'est une recherche aussi. Un artiste, comme un chercheur scientifique, c'est pareil il va consacrer sa vie à confirmer ses intuitions et son style, sa manière de représenter le monde.

Je vois çà comme ça : c'est très très naturel pour moi la relation entre la musique et les mathématiques ou la neurobiologie. Le travail que j'ai fait par exemple de création de réseaux de neurones artificiels sur un ordinateur, ça m'a appris à comprendre le fonctionnement du cerveau.

Alors après quand on travaille sur la maladie d'Alzheimer et la dégénérescence cérébrale, on en est tout proche...

BC : - Et finalement, tu es dans une forte relation entre Art et Science, mais aussi entre Musique et Société, n'est-ce pas ?

FV : - … Exactement. A ce sujet, je côtoie dans ce travail aussi des musiciens-intervenants qui viennent faire de la musique avec beaucoup de passion et d'engagement avec les patients. C'est tout à fait complémentaire avec mon travail qui lui relève aussi de la musique, mais au sens de Murray Schafer, la musique du monde, les paysages sonores du monde et de notre mémoire.

La pluie, l'orage, les ruisseaux, l'eau, les craquements, des choses comme ça, voilà mes matériaux. C'est une autre approche artistique.

Et une fois que le système informatique est installé, je disparais, je ne suis plus là. Mais d'une certaine manière, je reste là, dans le programme que j'ai écrit qui lui est joué. Il continue à être joué en mon absence...

BC : - Comment un tel projet, atypique et au long cours, complètement hors cadre, peut-il se financer ?

FV : - … Il faut évidemment qu'il y ait une forte motivation de l'équipe soignante et administrative au départ, ce qui est le cas dans ce projet. Donc cette implication très forte du système de santé nous a permis déjà d'obtenir des aides du Département et de l'Agence Régionale pour la Santé.

Mais il s'agit aussi d'obtenir des soutiens publics​, académiques à la recherche scientifique. Et il nous faut encore chercher des soutiens des fondations privées, notamment de celles qui s'occupent de la maladie d'Alzheimer...

Vous pouvez écouter l'intégralité de cet entretien avec Frédéric Voisin sur notre podcast Plan Sonore.

​Plus d'infos sur Frédéric Voisin​, son projet des Madeleines Sonores et ses autres activités, actions et expérimentations sur son site internet : http://fredvoisin.com

Vous pouvez écouter ici l'intégralité (38 mn) de cet entretien avec Fred Voisin :

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Ecole de musique au 21ème siècle

education musicale : accordoeons et paysage sonore

De 2018 à 2021, une expérience innovante dans une école de musique à Strasbourg. Cette étude de cas présente un projet-pilote structuré de transition numérique qui emmène et accompagne l'équipe pédagogique de l'école dans la découverte et l'appropriation des nouveaux outils pour l'enseignement musical.

Ce projet ambitieux est né d'une collaboration toute simple sur le terrain entre l'Ecole de Musique de Koenigshoffen et Audiorama : un atelier de musique sur tablettes tactiles, mené par Bruno de Chénerilles dans le cadre des activités périscolaires à l'Ecole Elémentaire des Romains, tout au long des années scolaires depuis 2016.

En réponse à la proposition d'un atelier de MAO à l'Ecole de Musique, Bruno de Chénerilles proposait à Nicolas Wolff, directeur de l'école, de monter un projet plus important, visant à doter l'Ecole et ses professeurs de compétences et de moyens pérennes dans le domaine des nouvelles technologies.

Il s'agissait là pour l'Ecole et son équipe pédagogique de franchir un premier pas structuré vers les usages numériques en éducation musicale, accompagné par Bruno de Chénerilles et Audiorama qui avaient déjà une très longue pratique innovante de ces outils sur le terrain en situation de création et d'éducation musicale. ​

Fonofone

​Ce projet-pilote se voulait d'emblée exemplaire et visait à apporter à l'Ecole de Musique de Koenigshoffen une plus grande autonomie en termes de compétences et de moyens pour réaliser une transition numérique au service de l'éducation musicale. Il a vocation à inspirer d'autres écoles et conservatoires à s'engager dans cette voie.

En effet, les enjeux majeurs d'une telle transition ne se limitent pas seulement à des moyens technologiques innovants, mais ils conduisent avant tout à une rénovation pédagogique nécessaire, souhaitable et attendue pour l'avenir de l'enseignement musical.

Le projet avançait dans 4 dimensions essentielles qui correspondaient chacune à une phase du projet global qui allait se dérouler du printemps 2018 jusqu'au printemps 20​21.

1. ​Formation

Fin 2017, ce premier volet du projet débutait en amont par un sondage auprès de tous les enseignants de l'école, qui permit de d'évaluer leurs compétences existantes et leurs attentes de formation à ces nouveaux usages dans leur activité éducative.

Les résultats de cette étude ont permis d'élaborer un programme adapté de formation professionnelle continue destinée aux 10 professeurs qui confirmaient leur engagement dans cette voie.

Ce plan de formation était porté par l'organisme AUDIO FORMATIONS dont le champ d'action est justement celui des Nouvelles Technologies du Son et de la Musique.

Il a été fondé par Bruno de Chénerilles en 2004, notamment pour y adapter au contexte de la formation professionnelle continue, son enseignement et ses expérimentations sur le terrain depuis plus de 20 ans au CFMI de Sélestat (Université de Strasbourg) et dans ses projets de terrain en Alsace et dans le quartier prioritaire Neuhof-Meinau à Strasbourg.

​​Ce parcours de formation professionnelle proposait des modules consacrés à la MAO, aux outils audio, à l'usage des tablettes tactiles, des smartphones et aux nouvelles pédagogies du son appliquées au terrain de l'éducation musicale.

Ces modules comportaient tous des contenus théoriques et pratiques immédiatement applicables au contexte professionnel des apprenants et validés par des réalisations ​sur le terrain même d'enseignement des professeurs : formation musicale, éveil musical, cours d'instruments, ateliers collectifs.

Afin de s'adapter aux plannings compliqués des professeurs de musique, les parties théoriques et même parfois pratiques de ces modules étaient dispensées le plus possible sur internet, donc à distance sur la plateforme elearning d'Audio Formations pour leur permettre de participer chez eux, à leur rythme et de s'organiser individuellement et en autonomie, tout en étant accompagnés·es à distance par le formateur.

C'était aussi l'occasion pour les professeurs de l'école de se trouver en tant qu'apprenants dans une situation éducative accompagnée à distance, d'en expérimenter les modalités et les bénéfices. L'objectif étant aussi qu'ils puissent en connaissance de cause en faire bénéficier leurs élèves dans l'exercice de leurs cours ( communication à distance avec les élèves et leurs familles ).

Les rassemblements en séances de formation présentielle permettaient de préparer, de débriefer et d'évaluer ces modules à distance mais aussi de consacrer le temps nécessaire aux activités collectives d'ateliers, comme la prise de son, la découverte d'applis sur tablettes et smartphones, l'application à des situations concrètes de jeu musical et la conception de projets éducatifs.

2. ​Equipement

ecole de musique

​​Un inventaire du matériel existant fin 2017 montrait que plusieurs professeurs disposaient déjà de quelques outils audio et informatiques utiles. Mais ce n'était pas suffisant.

En effet il apparaissait indispensable que l'Ecole puisse disposer d'un matériel adapté et de dernière génération.

Un petit parc de tablettes tactiles (ipads) et de toutes les applis musicales éducatives et pour la création.
Une station de travail nomade équipée en informatique musicale (macbook, interface audio, haut-parleurs, logiciels). Plusieurs enregistreurs numériques et leurs accessoires (supports, pieds …)

L'évolution technologique des dernières années a conduit à des outils informatiques très puissants, servis par des appareils légers, conviviaux et très interactifs. Avec les ipads, les smartphones et les laptops, on est très loin de l'inertie et de l'élitisme des gros studios électroacoustiques.

C'est là un paradoxe étonnant. L'innovation, voire la révolution considérable de la pédagogie du son et de la musique a été initiée par Pierre Schaeffer et François Delalande dans le contexte des moyens illimités dont disposaient le GRM à la Maison de Radio France à Paris dès la fin des années 40.

Aujourd'hui, ce sont les objets connectés du quotidien, les tablettes et les smartphones qui peuvent permettre de généraliser son application sur le terrain de l'enseignement et de l'éducation musicale pour tous.

Les budgets d'équipement sont en effet dérisoirement bas pour acquérir aujourd'hui des outils qui ont l'avantage d'être très puissants, conviviaux, tout en restant nomades.

3. ​Pratique et création

​Début 2019, les enseignants formés sont en mesure de faire découvrir et d'explorer avec une partie de leurs élèves les interactions possibles entre leurs instruments traditionnels et les outils numériques.

Accompagnés et coordonnés par Bruno de Chénerilles, 6 ateliers collectifs existants  se muent en ateliers de live electronics et de musique mixte qui explorent Les interactions possibles en temps réel entre instruments acoustiques et électronique.

Comme faire est ici, plus encore qu'ailleurs, la clé par excellence de l'apprentissage, ces ateliers ​avaient pour objectif d'aboutir rapidement à une première en concert :

​Concert créations musicales à l'école de musique

ecole de musique accordéons et ipad
ecole de musique trio de flutes traversières et électronique
ecole de musique pédagogie musicale : piano et ipad

​Après 4 mois d'ateliers, les élèves et les professeurs de l'Ecole de Musique de Koenigshoffen ont présenté en concert des créations musicales pour instruments et électronique sur ipads et smartphones
En mai 2019 -​ Centre Socio-Culturel Camille Clauss - Strasbourg (Koenigshoffen)​

​15 élèves et 6 professeurs de l'école de musique ont concocté ce programme qui fait la part belle au mariage des instruments acoustiques avec les sons électroniques ou concrets.

Paysages sonores contrôlés en direct, transformations électroniques en direct des sons instrumentaux​, jeux gestuels avec les sons électroniques, live electronics...

Toutes les interactions et les surfaces tactiles sur des applis ipad ont été créées sur Lemur, Figure, SmartFaust, Moog Model15 ... et parfois connectées avec Ableton Live sur un Macbookpro.

​Les vidéos du concert de l'école de musique et des ateliers préparatoires

​​C'était l​e premier concert de ​l'école de musique au 21ème siècle, initié et coordonné par Bruno de Chénerilles à L'Ecole de Musique de Koenigshoffen à Strasbourg.

​Une deuxième session d'ateliers 2020/21

A l'automne 2020, une deuxième session d'ateliers ​est dirigée par Bruno de Chénerilles et Nicolas Wolff en direction d'un public d'écoliers et de collégiens du REP Twinger à Koenigshoffen, à 90% non-musiciens, pour ​de nouvelles ​restitutions pour ipads et smartphones ​en 2021.

Un atelier web permettait également à un groupe de jeunes de s'initier à la communication professionnelle sur internet et les réseaux sociaux, dans le souci d'une démarche responsable.

L'objectif de cet atelier de communication est bien évidemment de gérer celle de ces 2 projets de création et d'une manière plus générale de structurer la communication de l'école de musique .

Une extension de cet atelier web est dirigé ensuite vers un public collégien avec des sessions d'écriture pour internet dans le temps scolaire en partenariat avec les professeurs de lettres du Collège Twinger.

​Pour les autres écoles de musique

​Nous l 'avons dit plus haut, ce projet se veut un pilote. Il est donc aussi destiné à en générer d'autres qui pourraient accompagner des écoles de musique ou des conservatoires, désireux de rénover de cette manière leur enseignement.

Audiorama, Audio Formations et Bruno de Chénerilles cherchent déjà d'autres terrains de collaboration pour monter d'autres projets de ce type dans le champ de l'enseignement et de l'éducation musicale pour tous.

N'hésitez pas à nous contacter : Bruno de Chénerilles contact@audiorama.org

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[Neurosciences] Apprendre la musique

neurosciences apprendre la musique

Comment l’apprentissage de la musique agit-il sur notre cerveau ? Quels effets a-t-il sur la curiosité, l’attention et la mémorisation ? Quel impact sur la lecture ou le raisonnement mathématique ?
Dans le monde, quelques chercheurs en neurosciences sont spécialisés dans ce domaine, dont Isabelle Peretz au Canada.

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Faut-il, pour apprendre et faire des progrès, qu’un enfant ait l’oreille musicale ? Et s’il chante faux ?
Que penser par ailleurs des adultes qui décident de s’y mettre sur le tard ? Y a-t-il un âge pour apprendre la musique ?

Après mon article sur le livre passionnant Les bienfaits de la musique sur le cerveau, je suis tombé sur un autre livre, écrit récemment par Isabelle Peretz, une scientifique canadienne de premier plan, chercheuse en neurosciences. Sa spécialité : la neurocognition de la musique.

neurosciences

Musique : un potentiel incroyable sur le cerveau

Voilà qui confirme l’importance de l’éducation musicale sur le développement du cerveau humain : celui de nos enfants, mais aussi celui de toutes les personnes qui pratiquent ou apprennent la musique. Et la bonne nouvelle : à tout âge, l’apprentissage de la musique est possible et souhaitable pour remettre en forme le cerveau et développer ses capacités.

Selon les neurosciences, c’est la seule activité humaine qui a ce potentiel incroyable sur le cerveau. Vous vous sentez immédiatement concerné·e si vous enseignez ou si vous apprenez déjà la musique. Mais cela veut dire aussi que c’est une information capitale pour le développement personnel de tout un chacun et quelque soit votre âge !

Aujourd’hui, les enseignants et les responsables des systèmes scolaires s’interrogent, et interrogent les experts en neurosciences. Encore tout récemment, la Suisse misait sur une éducation musicale de qualité en l’inscrivant dans sa Constitution. Quels sont les fondements neuroscientifiques de cet intérêt pour l’éducation musicale ?

Les neurosciences le prouvent enfin

neurosciences apprendre la musique

Fruit de plus de trente ans de recherches neurobiologiques sur la musique en lien avec l’éducation, ce livre nous dit tout sur la manière dont la musique transforme notre cerveau… pour notre plus grand bien !

Par l’une des plus grandes spécialistes, les neurosciences de la musique à la portée de tous, parents comme enseignants !

Isabelle Peretz est titulaire d’une chaire de recherche en neurocognition de la musique à l’Université de Montréal. Au cours des trois dernières décennies, elle a fait de Montréal la capitale mondiale de l’étude du cerveau musical. Membre de la Société royale du Canada, elle a obtenu de nombreux prix d’excellence pour ses travaux. Elle dirige depuis 2005 le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS), spécialisé en neurosciences et musique, qu’elle a également fondé.

Je vous conseille vivement de lire ce livre :
Apprendre la musique – Isabelle Peretz – Editions Odile Jacob.
Il est disponible partout dans toutes les bonnes librairies et sur Amazon, en livre papier ou numérique : Kindle, iBooks, pdf.

Et pour aller plus loin en illustrant le propos, lisez cet article sur un autre livre à ne pas rater non plus sur Plan Sonore :
https://plansonore.fr/bienfaits-de-la-musique-sur-le-cerveau

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Le cerveau et les bienfaits de la musique

les bienfaits de la musique sur le cerveau

Un ouvrage scientifique très important paru en 2018 nous renseigne sur les bienfaits de la musique sur le cerveau. 


Résumant les avancées récentes des neurosciences, ces 13 articles de scientifiques refondent véritablement l'importance de l'écoute et de la pratique musicale.

Emmanuel Bigand a dirigé cet ouvrage. Il est enseignant-chercheur, membre senior de l'Institut Universitaire de France depuis 2007, titulaire de la chaire Musique Cognition Cerveau.

1. Pourquoi la musique nous fait vibrer ?

Personne n’est insensible au pouvoir de la musique. Nous passons en moyenne plus d’une heure par jour à en écouter. Car notre cerveau établit un pont entre son et émotion.

2. La musique : un langage universel ?

La musique et le langage sont des traits humains universels. Toutes les cultures produisent de la musique et y sont sensibles.

​3. Vous avez l’oreille musicale !

L’importance des activités musicales dans les civilisations humaines témoigne d’un paradoxe : 
La musique n’a pas de fonction biologique précise et ses éléments de base ne se réfèrent à aucun objet ou évènement réel. Pourtant, elle a des effets considérables sur l’être humain et sur son cerveau.

4. Les émotions musicales

Qui n’a pas ressenti des frissons en écoutant le Requiem de Mozart ou une de ses musiques préférées ? La musique exerce un effet profond sur l’être humain bien au delà des sphères restreintes des mélomanes cultivés.

5. La musique adoucit les moeurs

Sans stress, la vie serait une sinécure. Malheureusement le stress est omni- présent.
Vous vous souvenez sans doute d’une réunion de travail qui s’est mal terminée. Après cette journée de travail difficile, vous n’avez pu oublier vos soucis. Puis vous avez mis un morceau de musique. Progressivement, vous vous êtes détendu et une sensation de bien-être vous a envahi.

6. La musique qui panse les neurones


La musique change de statut. Si elle reste un moyen sans égal d’éprouver des émotions intenses, elle est de plus en plus étudiée comme un remède potentiel pour diverses maladies.

7. La musique rend-elle intelligent ?

La musique améliore-t-elle les capacités cognitives ? Aujourd’hui, les sciences cognitives donnent une réponse claire : Oui !

un bébé joue avec les sons

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cerveau, coeur et émotions

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un piano à Manhattan

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8. Pratique musicale et plasticité ​du cerveau

Pendant longtemps les neurobiologistes ont cru - à tort - que les connexions neuronales se stabilisaient au cours de l’enfance et qu’après elles ne bougeaient plus. Et puis ils ont découvert la plasticité cérébrale.

9. La musique contemporaine stimule-t-elle l’intelligence de demain ?

Pour la plupart d’entre nous, la musique est un magnifique divertissement qui agrémente nos activités quotidiennes et nos relations sociales. Se réduit-elle pour autant à cela ?

10. La musique contre les troubles de la mémoire

La musique renforce la mémoire et les réserves cognitives, précieuses pour lutter contre les effets du vieillissement normal. On a même découvert que des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent encore mémoriser de nouvelles mélodies.

11. Du rythme pour marcher à nouveau

Continuer à marcher en dépit de la maladie de Parkinson, après un accident vasculaire cérébral ou malgré le vieillissement : la musique le permet quand on l’adapte à la personne concernée.

12. Stimuler le langage par la musique

La musique - et en particulier le rythme - redonne parfois la parole à ceux qui l’ont perdue. Elle semble aussi améliorer certains troubles du cerveau associés à la dyslexie, ainsi que les compétences linguistiques des enfants sourds.

13. Soigner avec les émotions musicales

Les émotions musicales résistent aux troubles de la mémoire. Dès lors, les neuroscientifiques cherchent à en décoder les mécanismes afin de les utiliser pour prendre en charge les malades atteints de pathologies neurologiques ou psychiatriques.

[musique et cerveau] l'interview vidéo d'Emmanuel Bigand

En conclusion

​Si vous êtes musicien, professeur de musique, musicien-intervenant ou encore enseignant, éducateur, coach, formateur ou tout simplement parent, je vous conseille fortement de lire ce livre pour en savoir plus sur votre musique et votre cerveau.

On le trouve dans toutes les bonnes librairies ou sur Amazon en livre papier ou en format kindle.

Emmanuel Bigand - Les bienfaits de la musique sur le cerveau

Ed.Belin – mars 2018

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