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Category Archives for "Accessibilité et Inclusion"

L’accessibilité numérique est un véritable sujet : 90% des sites web ne sont pas accessibles aux déficients visuels. L’inclusion de tous les handicaps doit être un objectif de toutes les entreprises classiques, mais aussi numériques.

Podcast audio – une véritable solution de divertissement et d’emploi pour les déficients visuels ?

débat d'idées 10 septembre 20h - en Live sur DV Lancez-Vous - une jeune femme souriante avec un casque audio sur la tête

Vous pouvez reécouter le débat d’idées en live du vendredi 10 septembre 2021 sur DV Lancez-Vous. Ce débat était animé par Bruno de Chénerilles (Plan Sonore) et Yves Wansi (Vue (d)Ensemble). Des idées, dess astuces, des conseils, des réflexions afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de se lancer dans ce média passionnant : le podcast audio.

Le marché des podcasts audio a explosé avec une progression très marquée en 2020. On parle de plus d’un  million de podcasts créés en 2020, le triple de 2019 ! Ça représente 2 podcasts audio démarrés chaque minute. En France,le nombre de personnes écoutant des podcasts audio a progressé de 48%. Plus de 12 millions de français écoutent des podcasts et des replays audio chaque mois. C’est-à-dire 1 internaute sur 10 écoute des podcasts audio.

Dans ces études chiffrées sur le podcast audio, les non-voyants et malvoyants ne sont jamais comptés, ni représentés officiellement, pourtant ce sont de redoutables podcasteurs.

Nous l’avons d’ailleurs constaté lors de l’organisation du premier grand concours de podcast audio entre malvoyants, non-voyants et voyants organisé à Strasbourg par l’association Vue (d’)ensemble et Plan Sonore au festival Entendez-Voir 2021.
Parmi les 7 gagnants dans les différentes catégories, 4 lauréats étaient  non-voyants. Une surprise ? Non, au contraire, c’est une reconnaissance pour les déficients visuels dans ce domaine.

Beaucoup de non-voyants ou malvoyants n’osent pas se révéler ou faire connaître leurs talents de créateur. Cela est parfois dû à un manque d’occasion ou d’opportunité. Plus qu’un divertissement, le podcast audio est un réel atout non négligeable pour la recherche d’emploi des malvoyants et non-voyants et pas que…

Si vous avez manqué ce débat d’idées en live du vendredi 10 septembre 2021 sur DV Lancez-Vous, animé par Bruno de Chénerilles et Yves Wansi,

Reécoutez-le en cliquant sur ce lien :  

https://us02web.zoom.us/meeting/register/tZcvc-ygrTwuH9H2CWJr8FXGpBgnmwTEFYsL

Entendez-Voir ! 2021 : 3ème édition

entendez-voir !

Entendez-Voir est le rdv du livre & du film accessible à tous. C’est une rencontre multi-facettes, un espace inter-générationnel et multiculturel. Le festival strasbourgeois a présenté sa 3ème édition du 7 au 11 juillet 2021, sur la lancée de la dynamique créée ces deux dernières années et des évolutions rapides de l’écosystème, liées aux adaptations du livre, du film et de la sensibilisation du public.

C’était un événement à la fois culturel, intergénérationnel et inclusif à la portée de tous !
En 2021, Vue (d’) Ensemble a poursuivi ainsi ses objectifs : militer contre la sédentarisation des déficients visuels et des handicapés en général en organisant des manifestations innovantes et porteuses qui rassemblent.

Vous pouvez aussi écouter cet article en podcast ci-dessous :

Les enjeux du Festival

  • L’accessibilité
    Démocratiser
     et rendre la culture accessible à toutes et tous en proposant un panel d’oeuvres cinématographiques et littéraires de qualité, accessibles aux handicapés visuels, aux sourds et aux personnes valides, au même moment et aux mêmes endroits.
  • Le livre pour tous
    En incitant les librairies de Strasbourg et d’ailleurs à s’intéresser davantage aux différents formats du livre, le champ des possibles s’ouvre et favorise l’accès à la lecture à travers des moyens techniques et humains, grâce aux soutiens des diverses institutions, associations et maisons d’édition.
  • Les films accessibles
    Encourager les salles de cinéma à projeter encore plus de films tout public accessibles, en audiodescription et en sous-titrage, représente un objectif majeur qui met en lumière les métiers du doublage ainsi que le travail de la voix.
  • Sensibiliser
    le grand public et les jeunes. Leur faire découvrir les handicaps et les adaptations sensorielles possiblesL’audiodescription et le sous-titrage, mais aussi initier à l’analyse d’une image, la mécanique d’écoute d’un film, d’un dessin animé et la construction d’un texte.

entendez-voir !

Focus sur le podcast audio

Cette 3ème édition d’Entendez-Voir ! a fait la part belle au podcast audio. C’est le média qui monte sur internet : communication orale, écoute en mobilité, inclusion et réalisation légère en font un nouveau moyen d’expression pour tous.

Un Atelier d’Initiation au Podcast

Découverte de l’écriture audio, prise de son et montage d’un épisode de podcast. Une immersion dans l’univers du podcast pour très pratiquement écrire, raconter, parler et réaliser votre tout premier podcast audio.

Samedi 10 juin – 9h à 12h – pour voyants, malvoyants et non-voyants à partir de 17 ans. Inscription : https://bit.ly/3vjt1cA

Les Prix du Podcast – Strasbourg 2021

Un grand concours de podcasts audio francophones entre malvoyants, non-voyants et voyants, proposé par l’association Vue (d)Ensemble et Plan Sonore dans le cadre de la 3ème édition du festival Entendez-Voir ! et parrainé par Ausha et Le Pod.

Plus d’une cinquantaine de podcasteurs francophones ont participé au concours. Les prix seront décernés lors de la cérémonie de clôture du festival.

Le programme du festival

entendez-voir !

Où ?

L’évènement Entendez-Voir ! s’est déroulé dans 3 lieux différents autour de la place Kléber, au coeur de Strasbourg : la Salle de l’Aubette, le Cinéma Vox et l’Hotel Kaïjoo.

Quand ?

Mercredi 7 juillet : Ouverture, projection sous-titrée et en audiodescription du film de François Ozon Eté 85 et concert Cherry Jazz Quartet.

Jeudi 8 juillet : Avant-première cinéma avec Arte

du Vendredi 9 au dimanche 11 juillet : Salon du livre, concerts, projections, ateliers

Le programme en détail :

Découvrez tout le programme en détail sur le site du Festival Entendez-Voir ! https://www.entendez-voir.com/programme-jour-par-jour

Téléchargez-le en pdf : le programme-Entendez-Voir

Les partenaires

Entendez-Voir est soutenu financièrement par la Drac Grand-Est, la Région Grand-Est, le départeme nt du Bas-Rhin, la Ville de Strasbourg. Les partenaires sont Arte, Plan Sonore, Ausha, LePOD, Cinéma Vox, Hotel Kaijoo, Afriq’elles, Talents et Partages, Des Mains pour le Dire, Les Bibliothèques Sonores, AnimEico, Editions du Signe, Café Signes, Bastian Editions

Pour aller plus loin

Sébastien Chauveau, non-voyant dans les métiers de l’audio

Sebastien Chauveau, journaliste audio et non-voyant

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Sébastien Chauveau a été primé dans la catégorie pro des Prix du Podcast – Strasbourg 2021. Bruno de Chénerilles s’entretient avec lui. Il est journaliste radio, podcasteur, non-voyant et raconte son parcours professionnel, de la réalisation audio au journalisme radio, en passant par le podcast audio.

Ecoutez son podcast gagnant :

Vous pouvez aussi écouter cet interview en podcast :

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Son parcours, ses activités professionnelles en audio, en podcast

Sébastien Chauveau : J’ai fait l’université en fac de droit et puis ensuite je me suis formé au journalisme. J’écrivais déjà des articles pour la presse locale et je me suis dit que c’était sympa ce métier. Ce serait sûrement moins long que des études de droit, donc je me suis lancé dans le métier de journaliste. Je me suis formé au CFPJ, le Centre de Perfectionnement et de Formation des Journalistes.

Au départ, j’ai fait beaucoup de presse écrite ou internet et quand je me suis rendu compte que la presse écrite commençait à battre de l’aile, il y a déjà une petite dizaine d’années, je me suis dirigé vers l’audio, via le podcast.

J’ai d’abord monté une web-radio.Elle n’a pas très bien fonctionné parce que c’était un peu précurseur comme domaine. Et puis je me suis formé avec un technicien du son en ligne, Étienne Tremblay de la Machine à Mixer et ça m’a permis d’acquérir de super bonnes bases et un bon bagage technique et puis bon an, mal an, j’ai fait mon chemin dans l’audio.

Ensuite, j’ai été chroniqueur pour Fréquence Ter durant plusieurs années. J’y ai eu plusieurs chroniques. Et puis j’ai fait des podcasts. Il y a 3 ans à peu près, je me suis vraiment destiné qu’à cela. Aujourd’hui je fais du podcast de marque pour les entreprises, pour les institutions.

Depuis 5-6 ans, je produis pour un diffuseur de programmes pour les radios locales privées en France, CMCF (Créations Maurice Clément Faivre). Je produis des programmes de sport, santé ou environnement qui sont diffusés sur une vingtaine de radios locales privées. Par exemple, une série de 20 documentaires qui s’appelle Autour de la Terre.

Toutes ces émissions sont d’abord des émissions de radio. Mais une fois que mon diffuseur a joué de son exclusivité, je les mets en ligne en podcast sur toutes les plateformes.

Le podcast La Grande Bleue par Sebastien Chauveau, journaliste audio et  non-voyant

Les difficultés des non-voyants en réalisation audio

SC : je dirais qu’il n’y a pas vraiment de difficulté pour le montage et le mixage, parce qu’on a accès à des logiciels qui nous sont plutôt assez accessibles. Le plus gros souci qu’on peut rencontrer ce sont les captations sur le terrain.

Personnellement, les déplacements ne me font pas peur. Parallèlement à mes activités professionnelles, je suis un grand sportif, donc je suis dynamique et je vais aisément sur le terrain. Mais quand on doit aller faire des captations de type micro-trottoir, quand on doit couvrir des événements, ça peut parfois être un peu plus compliqué.

Par exemple les manifestations. Moi, j’y vais. Mais il faut faire attention quand on est non-voyant. Il faut éviter d’aller au front, donc je vais sur les côtés et à l’arrière. Quand je fais des micros-trottoir, j’utilise 2 micros. En effet, pour nous c’est difficile de mettre le micro juste sur le visage de la personne.

Il y a des petites adaptations comme ça. Mais elles ne me posent pas vraiment de problèmes. Evidemment, je n’irai pas sur un théâtre de guerre, ça c’est clair. Mais on peut globalement tout faire en captation en prenant quelques précautions, en étant vigilant sur le terrain. Notons aussi que dans les déplacements, on est très dépendants des transports en commun.

Un véritable problème pour nous les non-voyants, c’est l’utilisation des enregistreurs d’aujourd’hui. Ils sont de plus en tactiles et pour nous, non-voyants, pas faciles à utiliser.

Les non-voyants, l’informatique et les logiciels audio

SC : La technologie nous a beaucoup aidé dans ce domaine. On a le choix comme Monsieur tout le monde entre Windows, Mac et Linux. Du côté des logiciels, c’est un peu l’inverse des enregistreurs, en quelque sorte. Tous ne nous sont pas accessibles évidemment, mais on dispose quand même largement de quoi faire pour travailler.

Il y a 3 logiciels qui sortent du lot en matière d’accessibilité :

  • Audacity : l’incontournable pour faire du montage amateur, pour se faire plaisir, pour découvrir. D’ailleurs j’ai commencé par ça.
  • Reaper : du côté professionnel, on peut sans problème travailler aussi bien qu’un voyant sur Reaper pour Windows ou sur Mac.
  • Logic Pro : côté Mac

Une fois qu’on a installé les extensions qui permettent d’utiliser son lecteur d’écran, on a parfaitement parfaitement accès à tout dans le logiciel. On peut très bien travailler, utiliser les plugins intégrés. Pour ma part, j’utilise aussi les plugins Waves et iZotope qui sont aussi parfaitement accessibles.

A part la correction spectrale, les égaliseurs graphiques, où il faut un petit peu s’arracher les cheveux. Mais pour le reste c’est parfaitement accessible. Il n’y a pas vraiment de soucis. Mais il y a quand même des logiciels qui ne sont pas accessibles pour nous : comme Adobe Audition, Cubase ou Protools.

Le podcast Question de santé par Sebastien Chauveau,  journaliste audio et  non-voyant

La réalisation de podcasts et les déficients visuels

SC : Je pense qu’il n’y a là pas plus d’intérêt pour les déficients visuels que pour les voyants. L’audio est juste plus accessible techniquement pour un déficient visuel que de faire de la vidéo, puisqu’il n’y a pas d’images. Bien que, personnellement, je fais de la vidéo, même du son à l’image, ce qui est un peu plus technique. Mais pour qui ne voit pas, c’est plus simple effectivement sur le plan technique de faire un podcast.

Après se pose la question sur le plan éditorial. Là je dirais que il n’y a pas vraiment d’intérêt supplémentaire. Le podcast a son intérêt pour tout le monde.

L’intérêt de faire du podcast, c’est déjà et surtout sa facilité de consommation. Les podcasts s’écoutent partout, tout le temps, facilement et sans être collé à un écran. On peut faire sa cuisine, son sport : on peut tout faire en même temps. C’est le principal intérêt du podcast. C’est cool dans les transports… Donc l’écoute est très facile et elle demande moins de consommation de data que de regarder une vidéo.

Donc, l’audio c’est beaucoup plus simple pour les non-voyants, comme pour les voyants. Et puis aussi la qualité du message : on n’est pas trahi par l’image. Le podcast parle directement à l’oreille de son auditeur, donc le message y est nettement plus captif qu’en vidéo.

En réalisation vidéo, on a tendance à se focaliser sur l’image et s’occuper de la bande-son ensuite. On met le son, le commentaire sur l’image. Alors qu’il faudrait presque faire l’inverse, si vous voulez délivrer un message clair. Mais seulement les gens de l’image pensent d’abord à l’image. A force qu’on leur tire les oreilles en leur disant que le son doit être bon, maintenant ils commencent à s’y intéresser.

Le message du podcast est beaucoup plus captif. Les grandes marques comme Hermès et comme beaucoup d’autres se sont mises au podcast. Elles ont bien compris le message. L’auditeur de podcasts est plus fidèle que celui qui regarde des vidéos. Le podcast c’est un ton, c’est une histoire…

Après, le problème aujourd’hui est que trop de podcasts peut tuer le podcast. Actuellement, Il y a une vraie frénésie du podcast. Il y en a pour tout et pour n’importe quoi. Alors peut-être que le non-voyant aurait un avantage pour bien choisir son podcast. Comme intrinsèquement, il sait mieux entendre, il devrait pouvoir faire la différence de ce qui est intéressant à entendre ou pas.

Et puis évidemment il va sans dire que, non-voyant ou pas, le podcast, le bon podcast passe par la qualité du son.

Le podcast Atouts Sport par Sebastien Chauveau, journaliste audio et non-voyant

Les déficients visuels et la communication orale

SC : Aujourd’hui, les déficients visuels ne la privilégient plus. Non, ce serait réduire le non-voyant à ce qu’il était il y a 20 ans ou même 50 ans peut-être. L’accès littéraire était plus compliqué qu’aujourd’hui. Aujourd’hui ,un non voyant est comme Monsieur tout le monde, il lit et écrit comme Monsieur tout le monde. Aujourd’hui, tous les non-voyants savent envoyer des SMS, aller sur les réseaux sociaux. Leurs lecteurs d’écran leur décrivent les photos. On sait faire tout çà.

Heureusement qu’on ne passe pas que par la communication orale. Non, il n’y a pas vraiment de différence aujourd’hui qu’on soit voyant ou pas. Il n’y a pas une préférence. Par exemple pour ce qui m’occupe, je lis autant que j’écoute.

Aujourd’hui, bon nombre de non-voyants sont capables de tout en informatique et en technologie dans tous les sens du terme. Je pense qu’ils font souvent 1000 fois plus de choses que les voyants avec leurs outils. En effet, c’est notre support privilégié.

Il faut que les voyants arrêtent d’avoir des préjugés, des idées préconçues. Car, même si aujourd’hui énormément de chemin a été fait, il en reste quand même encore beaucoup à faire. Oui, on est plus autonome que jamais, on sait utiliser le GPS, on est hyper-technophiles que ce soit pour le travail de l’audio, que ce soit pour se déplacer.

Voilà pourquoi l’accès à l’emploi pour nous devrait être plus facile. En effet, c’est une hérésie que les entreprises, pour beaucoup encore, contournent la loi. Et on ne les sanctionne pas assez. De ce côté-là, elles préfèrent payer les amendes, mais il faudrait que ce soit beaucoup plus dur comme système, beaucoup plus rigide.

J’entends bien que les non-voyants ne peuvent pas conduire un semi-remorque, mais aujourd’hui tous les non-voyants ou une grande partie d’entre eux, sont capables de faire de la bureautique. Ils sont capables de faire plein de choses. Il n’y a pas de raison pour qu’ils ne soient pas dans les entreprises.

Dans les radios par exemple, il y a quelques années les non-voyants avaient pleinement accès au travail radio. Aujourd’hui c’est devenu presque impossible : toutes les tables de mixage sont tactiles, les logiciels d’automation sont inaccessibles avec un lecteur d’écran. Certes on peut présenter le journal avec son terminal Braille, mais la plupart des applications audio en radio ne sont pas accessibles aux lecteurs d’écran, les prompteurs non plus.

C’est un comble dans un milieu où on pourrait penser que c’est le son le plus important, que les non-voyants ne puissent pas y avoir accès. C’est une hérésie totale.

Et pourtant technologiquement, ça pourrait être sans problème et je dirais même un plus. On devrait avoir des non-voyants dans toutes les rédactions, là où il y a du son, parce qu’on pourrait apporter techniquement beaucoup.

Moi, je ne rentre jamais avec une captation saturée. Dans les milieux du son, Il y aurait tout intérêt à faire appel à des non-voyants. On est capable d’entendre très facilement des souffles, des défauts, il y a plein de choses qu’on peut entendre.

Par exemple, la télévision : je me demande parfois qui travaille le son à la télé. C’est horrible : le téléspectateur pourrait passer son temps à monter le son, à le baisser, à le remonter … On a quand même des plugins qui vont bien pour remédier à tout ça. Mais moi, je veux bien leur vendre mes oreilles de non-voyant.

Bruno de Chénerilles : Exact ! C’est ce que je dis toujours à mes élèves : la télévision vous pouvez très bien l’écouter sans image. Dans les trois quarts des émissions, l’image est vraiment peu importante pour la compréhension. Dans toutes les émissions grand public, on peut très bien suivre l’émission en coupant l’image. Il n’y a souvent pas grand-chose à voir, c’est du décor, mais rien au niveau du sens.

Je me souviens très bien il y a très longtemps avoir écouté des films de Jean-Luc Godard qui travaillait beaucoup le son et de les écouter comme une bande-son. Je suis retourné voir deux ou trois fois le même film pour l’écouter, en fermant les yeux et c’était absolument fantastique.

Sébastien Chauveau : Vous avez raison de souligner le cinéma, parce qu’il faut relativiser. Autant très souvent en radio et en TV, le son est minable, en revanche au cinéma il y a du bon son : il y a de quoi se régaler avec le sound design, un vrai travail du son. Ecoutez le son au cinéma car il y a là beaucoup à apprendre. C’est souvent un vrai bonheur !

Dans le podcast, je parle du bon podcast, on est presque obligé de faire du bon son pour raconter de belles choses et là ça peut être un avantage d’être non-voyant ou déficient visuel.

Les podcasts de Sébastien Chauveau

La Grande Bleue, Atout Sport, Question de santé sont sur toutes les plateformes de podcast.
Sa page Facebook : Sébastien Chauveau Production
Sa newscast : une newsletter audio qui annonce ses nouvelles diffusions.

Pour aller plus loin

Non voyants, mal voyants : Pourquoi et comment réaliser vos podcasts ?

non voyants - pourquoi et comment réaliser vos podcasts

Les non voyants peuvent-ils avoir accès à la réalisation de podcasts audio ? Jusqu’à maintenant, c’était presque une mission impossible. Et pourtant le podcast pourrait être pour eux le mode de communication rêvé : pas d’images, rien que de l’audio pour communiquer avec leur voix. Ils avaient besoin simplement d’une formation accessible qui n’existait pas…

En janvier 2021, à l’initiative d’Yves Wansi, Audio Formations a ouvert un gros chantier pour rendre accessible aux non voyants et aux mal voyants sa formation Réaliser ses podcasts de A à Z.

Vous pouvez aussi écouter cet article en podcast en cliquant ci-dessous :

Comment un mal voyant en est-il venu à s’intéresser au podcast ?

Yves Wansi, animateur de Vue d’Ensemble et du podcast DVLV – Déficients Visuels Lancez-vous :

“ Tout est parti en 2019, lorsque nous nous sommes rencontrés, toi et moi, Bruno et nous avons collaboré pour l’organisation de la 2e édition du festival Entendez-Voir !

Le podcast je connaissais un tout petit peu, sans vraiment m’y intéresser, parce que je ne voyais pas trop l’intérêt. Je connaissais déjà le livre audio et je considérais que le podcast c’est une autre forme des livres audio.

Grâce à toi et aux articles que tu m’as conseillé, je me suis documenté sur le sujet et c’est là où je me suis vraiment rendu compte que c’était une réelle opportunité pour les malvoyants et les non-voyants.

Etant moi-même malvoyant, je suis en contact avec plusieurs malvoyants et non-voyants et j’avais toujours ces remarques : certains publiaient beaucoup de contenu sur Youtube.

Le problème de Youtube, c’est qu’il n’est pas forcément accessible pour un déficient visuel. Certains malvoyants et non-voyants qui partagent du contenu audio sur Youtube ont toujours besoin d’être accompagnés car ils sont obligés de mettre une image figée pour que leur contenu audio puisse être accepté dans le logiciel.

C’est un véritable casse-tête quand on a un handicap visuel. “

Quel est l’avantage du podcast pour un déficient visuel ?

“ L’avantage du podcast est qu’on a juste besoin d’enregistrer sa voix, son contenu, faire la postproduction, puis télécharger en format mp3 ou wav et ensuite publier. C’est tout simple.

Je suis donc rentré dans le milieu du podcast. Il fallait donc se former avant même de démarrer, non seulement pour une compréhension technique, mais il fallait aussi que je comprenne l’impact économique et surtout sociétal de la discipline.

Ensuite je me suis donc formé aux techniques de production, de prise de son, d’habillage sonore, de narration, de diffusion.

Etant moi-même malvoyant, les avantages du podcast pour moi vont encore plus loin en terme de publication et de diffusion. Tout simplement parce que aujourd’hui nous sommes inondés par la communication vidéo et tout le monde n’a pas forcément le temps de regarder tout le temps les vidéos sur son smartphone ou son ordinateur.

Et en plus quand on est malvoyant ou non-voyant, ça ne sert forcément pas à grand-chose d’avoir des images. Donc c’est plus l’audio qui nous intéresse.

Et si on analyse plus loin, il existe 4 canaux de communication et diffusion de contenu vidéos : YouTube le plus connu, Facebook, Instagram et Tic-Toc.

A la différence du podcast, où on a plus d’une dizaine de plate-formes de diffusion. C’est énorme ! Entre Apple Podcasts, Deezer, Spotify, SoundCloud, Google Podcasts, Podcast Addict ou encore Amazon, Audible… Si on analyse, on se rend compte qu’on a plus de possibilités de diffuser son contenu et en plus, gratuitement.”

Yves Wansi et Bruno de Chénerilles en interview pour la formation Non voyants mal voyants réalisez vos podcasts de A à Z
Yves Wansi et Bruno de Chénerilles

Comment un non-voyant peut-il réaliser des podcasts ?

“ Donc, pour cela il faut faire une formation. Ce n’est pas juste enregistrer sa voix et le balancer en ligne. Il faut donc comprendre les techniques de production, le bruitage, la technique de prise de son, l’habillage sonore et surtout la diffusion.

En effet, il faut savoir comment diffuser en utilisant des mots clés et surtout qu’il soit visible, accessible sur toutes les plateformes. J’ai pris le temps de me former à la production, à la diffusion, à la publication, à la prise de son, à la création de contenu, à la narration, à la rédaction, etc.

Et bien évidemment à l’accessibilité de cette formation. Il fallait trouver le moyen de rendre la formation accessible à un non-voyant.

De nombreux malvoyants et non-voyants ont d’énormes choses à dire. Des musiciens, des narrateurs, des poètes, des conteurs, des formateurs, des écrivains, des scénaristes, des réalisateurs… Grâce au podcast, ils ont l’opportunité de mettre leur création sur un support pour se faire connaître, faire reconnaître leur travail et surtout s’émanciper.

De plus avec les conditions sanitaires actuelles, nous sommes un peu obligés de rester chez soi. On a donc la possibilité de s’exprimer, d’exprimer son talent chez soi, dans son bureau, dans sa chambre, dans son salon et de partager avec les autres. ”

Pour écouter les podcasts d’Yves Wansi DVLV – Déficients Visuels Lancez Vous : https://podcast.ausha.co/dv-lancez-vous

Yves Wansi : c'est lui qui est à l'origine de cette formation podcast accessible aux non voyants

Qu’est ce qu’une formation accessible aux non voyants et aux mal voyants ?

Les voyants l’ignorent, mais les non voyants et les mal voyants, en raison même de leur handicap, utilisent déjà énormément les outils numériques : ordinateur, smartphones, principalement.

Leur principale difficulté est évidemment qu’ils ne peuvent voir l’écran. Ils utilisent donc des lecteurs d’écran vocaux comme Voice Over sur mac et sur les iphone, comme NVDA sous windows ou encore Talk Back sur androïd.

Mais en plus, ils utilisent de manière extensive les commandes au clavier, les raccourcis clavier. En effet, ils ont besoin de pouvoir contrôler tout au clavier.

Beaucoup d’entre eux ont d’ailleurs acquis en la matière une dextérité stupéfiante pour les voyants. Ils sont capables de jongler très vite entre les commandes vocales et les raccourcis clavier.

L’accessibilité aux non voyants et aux mal voyants d’une formation à distance passe par une plateforme de cours bien organisée, des modules de cours en audio et des documents texte bien calibrés.

De plus, la particularité d’une formation audio est qu’elle doit comporter une initiation à un logiciel audio, parfaitement accessible aux non voyants. La difficulté principale était donc de concevoir un tutoriel de réalisation audio accessible sur un logiciel audio accessible.

Et c’est là que la collaboration avec un non voyant, expert en informatique s’imposait pour tester et valider dans le détail cette nouvelle formation dont l’enjeu était d’être 100% accessible aux non voyants.

Emmanuel Coutris, le consultant idéal

Emmanuel Coutris, administrateur système à l’Université Paris-Saclay et lui-même non voyant, a collaboré activement à la création de cette formation en en étant en quelque sorte le bêta-testeur et le consultant en accessibilité :

“ Alors de mon côté, dès que j’ai entendu parler d’une possibilité de formation au podcast pour les déficients visuels ça m’a beaucoup intéressé, tout simplement parce que j’ai aussi un intérêt là-dedans. Effectivement j’aimerais bien créer un podcast autour des instruments de musique rares ou peu utilisés.

Et donc j’ai répondu présent dès qu’on m’a dit que ce serait bien qu’il y ait un testeur non-voyant. Surtout que j’ai des connaissances dans tout ce qui est site internet, accessibilité et je pense pouvoir réfléchir aussi aux difficultés des déficients visuels.

Jusqu’à maintenant mon expérience de cette formation en ligne est assez positive parce que le format me plaît beaucoup. Et puis l’accessibilité, elle était déjà pas mal au départ. Je parle du site lui-même, la plateforme de formation.

Et après l’ajustement, avec les petites observations que je peux apporter, comme Bruno est très à l’écoute, je ne vois que des améliorations.

Et voilà, je ne peux qu’inviter d’autres personnes à suivre cette formation dès qu’elle sera mise en place.”

pour vous les non voyants : un micro ou un smartphone, un ordinateur et une formation, c'est tout ce qu'il vous faut pour réaliser vos podcasts

Non voyants, mal voyants – Comment réaliser vos podcasts audio de A à Z

La formation Podcast Audio Touch existait déjà pour les voyants et dans une certaine mesure aussi pour les mal voyants.

Il s’agissait donc pour Audio Formations de proposer une nouvelle version de cette formation à la réalisation de podcasts, cette fois-çi 100% accessible aux non voyants, aux mal voyants et bien entendu 100% à distance.

Ne cherchez pas plus loin, c’est la première et la seule qui existe actuellement. Elle est le fruit de la collaboration entre voyants, mal voyants et non voyants.

Elle est ouverte dès maintenant à tous les non voyants et mal voyants francophones. La première session débute en avril de cette année 2021.
Audio Formations ouvrira une nouvelle session tous les mois et les prises en charge du coût de formation sont possibles via Pôle Emploi (et votre Cap Emploi) ou les Opcos de votre secteur si vous êtes salarié ou salariée.

non voyants formation podcastpodcast natif micro-nuages-diffuser-son-podcast

Pour en savoir plus sur le programme détaillé, les sessions, les conditions d’inscription et de prise en charge de cette formation :

Non voyants, mal voyants : réalisez vos podcasts audio de A à Z


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