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2025 : 11 réflexions sur le podcast natif en France

En l'absence d'Etude Havas sur les tendances 2025 du podcast natif en France, je vous propose un nouvel article de synthèse issu cette fois de ma veille podcasts 2025 sur le web.
Pour plus de clarté, je l'ai structuré en 7 idées forces et 4 focus sur des sujets plus approfondis.
Cerise sur le gâteau : vous pouvez écouter cet article sur le podcast Plan Sonore. Nos 2 commentateurs IA préférés analysent intelligemment le sujet
1. Une offre arrivée à maturité : massive et diversifiée
En 2025, le paysage du podcast francophone est devenu colossal. On estime l'offre à plus de 10 millions d’épisodes disponibles, répartis dans plus de 100 000 séries.
Rien qu'en décembre 2025, on comptabilisait 171 millions d'écoutes ou téléchargements de podcasts français dans le monde, dont 144 millions sur le seul territoire français.
Bien que la croissance du volume de publications ralentisse pour devenir plus incrémentale", l'offre reste extrêmement riche et touche désormais 44 % des Français.
2. Le podcast natif, un espace de liberté et d'intimité
Le podcast natif se distingue par son ADN : il est créé spécifiquement pour le web, sans passer par l'antenne radio traditionnelle.
En 2025, il s'affirme comme une offre innovante grâce à un ton souvent plus personnel. L'usage de la première personne et du tutoiement crée une forte proximité avec l'auditeur.
Libéré des contraintes de temps des grilles radio, il permet une grande variété de formats, de durées et de fréquences de publication, s'attachant à une qualité sonore immersive (ambiances sonores, travail de la voix).

3. La révolution du "Vodcast" : l'image au service du son
L'année 2025 marque un tournant majeur avec l'explosion des podcasts vidéo (vodcasts). Ce format hybride redéfinit la consommation en rendant soi-disant le contenu plus immersif et facile à partager sur les réseaux sociaux comme TikTok ou Instagram.
Sur Spotify, plus de 60 % des émissions les plus populaires disposent désormais d'une version vidéo. Ce format capte une attention plus ciblée : 44 % des spectateurs de vodcasts déclarent ne rien faire d'autre en regardant, contre seulement 29 % des auditeurs de podcasts audio.
4. Un public jeune qui redistribue les cartes
Le podcast natif a réussi à conquérir les nouvelles générations. Chez les 15-24 ans, on observe une égalité parfaite : 44 % écoutent des podcasts natifs et 43 % des podcasts de radio.
Ce public natif du numérique plébiscite particulièrement les formats et les contenus de niche qui ne sont pas disponibles sur les médias traditionnels. Cette audience est moins captive de la radio de flux et préfère une écoute opportuniste liée à ses moments disponibles (transports, travail, activités domestiques...).
5. Une diversité d'acteurs au-delà de la radio
Si les radios restent les premiers contributeurs en volume (86 % des épisodes publiés, souvent via le découpage de leurs émissions), le secteur s'est largement démocratisé.
Plus de 25 000 éditeurs participent à l'offre globale. On y retrouve des studios de production indépendants, des associations, mais aussi la presse (80 % des titres nationaux proposent des podcasts) et la télévision.
Les thématiques se concentrent majoritairement sur l'actualité, la culture et la société, mais des succès comme Les couilles sur la table (Binge Audio) montrent la puissance des sujets de niche.
6. L'hyper-distribution comme stratégie standard
En 2025, la règle d'or pour les créateurs est l'accessibilité. Un podcast est diffusé en moyenne sur 6 plateformes différentes pour maximiser sa visibilité.
Le flux RSS reste la colonne vertébrale technique permettant cette liberté de diffusion et d'abonnement automatisé.
Toutefois, une tendance au fenêtrage apparaît : certains grands acteurs comme Radio France réservent l'intégralité de leur catalogue à leurs propres applications, ne laissant que les épisodes récents sur les plateformes tierces pour attirer les auditeurs dans leur environnement propriétaire.
7. Un modèle économique en pleine mutation
Le marché du podcast en 2025 cherche encore son équilibre financier. Si la gratuité reste le modèle dominant, financé par la publicité et le sponsoring, de nouvelles sources de revenus émergent.
On voit apparaître des abonnements payants pour accéder à des bonus ou à des catalogues exclusifs, ainsi que des modèles de financement participatif.
L'essor des vodcasts ouvre également de nouvelles opportunités pour les marques via le placement de produits visuels et des formats publicitaires enrichis (vidéos cliquables).

Pour compléter cette analyse du podcast natif en France, voici 4 focus approfondis issus de notre documentation. Ces thématiques explorent des aspects plus sociologiques, techniques et humains pour enrichir votre réflexion.
1. La sociologie de l'écoute : le phénomène du
« concernement »
Au-delà de la simple consommation, l'écoute du podcast en 2025 repose sur une singularisation socio-biographique forte. Les auditeurs ne cherchent plus seulement à s'informer de manière généraliste, mais ils privilégient ce qu'on appelle le concernement.
Ils choisissent des contenus qui résonnent directement avec leur histoire personnelle, leurs valeurs ou leur identité, qui les concernent. Ce déplacement de l'intérêt explique pourquoi l'audience délaisse la radio de flux (linéaire) au profit d'une écoute fragmentée et personnalisée, souvent vécue comme une expérience intime au casque.
2. La tension entre flux RSS ouvert et
« jardins fermés »
Le podcast repose techniquement sur le flux RSS, une technologie décentralisée qui garantit une liberté totale de diffusion et d'abonnement. C’est la colonne vertébrale qui permet l'accessibilité mondiale du média.
Toutefois, l'année 2025 voit s'intensifier une tendance inverse : la plateformisation. Certains acteurs majeurs pratiquent désormais le fenêtrage ou l'exclusivité, réservant leurs catalogues complets à leurs propres applications (comme Radio France ou M6) pour attirer les auditeurs dans leur environnement propriétaire, sur leur chaîne au détriment de l'ouverture historique du format.
3. Les créateurs : une profession entre passion et précarité
Le monde du podcast est marqué par une grande diversité de statuts.
Si les grands studios s'industrialisent, la majorité des podcasteurs restent des amateurs ou des indépendants non rémunérés qui exercent cette activité en complément d'un autre métier (journaliste, ingénieur du son, enseignant, coach, formateur, etc.).
Cette absence de cadre légal spécifique rend l'identification professionnelle difficile et l'activité souvent solitaire. Le succès reste difficile à objectiver, et l'équilibre économique est souvent précaire pour ceux qui ne sont pas adossés à de grandes institutions médiatiques.
Voilà pourquoi aussi la problématique de la monétisation s'affirme comme un des sujets majeurs dans l'écosystème actuel du podcast.
4. L'innovation par l'audio immersif et l'interactivité
Pour se démarquer dans une offre pléthorique, les créateurs misent sur de nouvelles frontières technologiques. On voit apparaître le son binaural (ou audio 3D), qui crée une sensation spatiale trompant le cerveau pour plonger l'auditeur au cœur de l'action, un format très prisé pour la fiction et le documentaire.
Parallèlement, des expérimentations d'interactivité émergent : des « podcasts dont vous êtes le héros » permettent à l'auditeur de faire des choix influençant la suite du récit, transformant une écoute autrefois passive en une expérience ludique et pilotée.

Pour conclure
En 2025, Le média podcast continue son ascension, sa progression tous azimuths en France.
Plus que jamais, il s'affirme comme le média phare du 21ème siècle, celui qui nous permet de renouer avec l'écoute attentive et fidèle, de sortir du flux visuel harassant et tonitruant de la vidéo, de la télévision et des réseaux sociaux.
Cet univers spécifique et bienveillant où on parle à l'oreille de ses auditeurs est celui du podcast audio natif et non des podcasts radio, et non plus des vodcasts ou de la radio filmée.
Ces vodcasts ou émissions de radio filmées tentent d'élargir les audiences, mais elles contribuent aussi à affaiblir la puissance de l'écoute. On peut tout à fait les assimiler à des talkshows télévisés.
A la fin du 20ème siècle, je ne sais plus quel spécialiste des médias avait décrit la télévision comme de la radio filmée, justement à cause de la dominante talkshow qui s'installait déjà à l'époque. Du bavardage télévisé, en quelque sorte.
Et si vous voulez mon avis, on a vraiment tort d'appeler podcasts les vidéos d'entretiens filmés qui pullulent sur YouTube.
Pour aller plus loin
Si vous êtes arrivé·e à la fin de cet article, c'est que le podcast vous intéresse. Vous êtes sans doute déjà auditeur·trice de podcasts.
Et peut-être une petite (ou une grande) idée trotte dans votre tête depuis un moment :
" Et si je lançais mon propre podcast ? "
Vous avez déjà la thématique qui vous intéresse ? Liée à votre travail ou à une passion personnelle ? Vous êtes expert ou passionné dans un domaine précis ? Vous rêvez d'avoir votre propre podcast ?
Mais vous ne savez pas par où commencer ? La technique vous fait peur ? Vous pensez ne pas avoir le temps ? Vous pensez que ca va coûter cher ?
Allez voir cette page et surtout contactez-moi pour en parler : un audit stratégique gratuit de votre rêve, çà vous dit ?
Et surtout dites-vous bien que ça ne vous engage en rien.